LE VAMPIRE
LE VAMPIRE
Les charmes de la nuit sont désormais tombés ;
Noirceur profonde et calme, et l'esprit saturnien
Tout pareil à l'ivresse après l'astre opalin
Égrène les billets d'un malheur griffonné.
Toi, pénombre du ciel, Styx d'infinis Charons !
Toi qui prends aux rêveurs pour obole leurs yeux
Avant d'égarer un troupeau pernicieux
Dans un gouffre spectral d'aliénation !
Toi qui fausse les arts du peintre et du poète
Et fait de la vestale une piètre catin ;
Toi qui change le juge en minable mutin ;
Toi ! Vampire, Lamia aux atours obsolètes
Pour l'âme emprisonnée sous tes oaristys
Dont la chair et le vin régalent ton calice.
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